La chanson francophone est morte. Tout le monde le dit : programmateurs, journalistes, organisateurs.

Dorénavant, nous devons être « pop ». Un terme, comme « folk » en d’autres temps, suffisamment fourre tout pour ne rien révéler de sa nature intrinsèque. En anglais de préférence, manière de ne pas se trouver « à poil » comme l’avouait en toute candeur une jeune artiste.

Et puis, cela fait plus jeune, plus branché : c’est ce que veut Dieu. Pardon, ce que veut Showbiz : il faut bien nourrir le tiroir-caisse.

« Chanson », terme banni par tous ? Nous pouvons vous rassurer : pas par le public. Combien de fois en vingt-cinq ans, n’avons-nous pas été interpelés « Pourquoi ne les entend-on pas à la radio ? »

Ceux-là s’appellent Lise Martin, Gauvain Sers, Claude Semal, Claire Spineux, Flow, Jules et Jo, Liz Cherhal, Benoit Paradis, Pascale Delagnes, Thierry Romanens pour n’en citer que quelques-uns. Tous ont foulé nos planches, alertes et bien vivants avec ce pouvoir de nous emmener ailleurs, d’apporter réponses et interrogations dans les moments de doute et de bonheur.

Chanter, c’est émettre une vibration et sentir bouger. À l’heure de la marchandisation extrême de la culture et de la variété aseptisée, nous, le public, avons besoin que se perpétue l’authenticité populaire de la chanson, multiple, vivante, impossible à figer. *Cfr édito de 2014