Servir la liberté

Sous la pression d’internet, le paysage musical a éclaté. À n’en plus finir se crée une étendue de niches qui au mieux s’ignorent et au pire s’ostracisent. Vive l’autarcie !

« Petites boites très étroites»*, voilà où nous enferment ces fameux algorithmes sous prétexte de répondre à nos gouts. Pour notre plus grand confort, disent-ils. Ou pour notre plus grand silence ?

Pourtant, ces niches sont des portes à ouvrir, des chemins à parcourir, des univers à découvrir, des jardins musicaux à cultiver près de nous.

L’art est l’expression de la liberté. Et la chanson plurielle est l’une de ses servantes.

La liberté, il faut la nourrir, la faire grandir, l’utiliser de peur qu’elle ne s’use. Être à son service, voilà ce que nous tentons modestement de faire avec ce festival.

Pouvons-nous être déçus de prendre la liberté d’explorer des paysages qui s’étendent de notre quotidien au bout du monde, au-delà des horizons. Nous ne le pensons pas, car nous le ferons avec des artistes qui se battent à l’école de la poésie pour panser nos blessures en exprimant leurs douleurs et aussi leurs valeurs et leurs espoirs.

Et nous le ferons bien entendu avec vous, épris de liberté, notre trésor le plus précieux parce que nous sommes humains, tout simplement.

*G. Allwright, 1966